Située en Haute Corse, Bastia, deuxième plus grande ville de l'île, a été construite au XIVe siècle par les Génois. Considérant la capitale d'alors, Biguglia, peu adaptée au commerce et manquant de sécurité, le gouverneur fait construire un nouveau fort, Fortino, au-dessus d'une marine de pêcheurs, Porto Cardo, près d'un ancien axe routier romain. Remparts et donjon sont érigés en une centaine d'années et le palais des Gouverneurs est terminé 50 ans plus tard. Le bastion devient capitale territoriale génoise.

Deux quartiers principaux voient le jour : Terra Nova, l'actuelle Citadelle et Terra Vecchia, l'ancien Porto Cardo, actuel Vieux Port. Au cours des XVIe et XVIIe siècles une riche vie culturelle et artistique se développe et Bastia devient chef-lieu de département. L'urbanisation de la Haute Ville suit la tradition génoise : rues droites en damier. La ville prospère et dès le XVIIIe siècle la population s'accroît. Au XIXe siècle Bastia s'étend au Nord et sur les hauteurs et se dote de larges boulevards : construction du palais de justice, agrandissement de la place Saint Nicolas, immeubles bourgeois... Le nouveau port est terminé au XXe siècle et la ville continue son extension notamment par les quartiers de Toga et de Saint Joseph. Une industrie importante s'y est développée et Basta reste un grand centre économique.

Son nouveau port accueille les grands ferries qui relient la Corse aux ports d'Italie et de France. La ville possède également un aéroport. Loin d'être un simple axe migratoire, la cité est un important site touristique. Près du port, la place Saint-Nicolas est le centre de la ville, encadrée de cafés et de rues commerçantes. S'y tient un marché aux puces.

Nous pouvons prendre ici un bon café au lait, et pouvons tester quelque chose de moins commun comme la liqueur de cèdre et les spiritueux de myrte.

Jouxtant plusieurs autres bâtiments, une statue napoléonienne, oeuvre de Bartolini, se dresse sur la place. Au sud, l'impressionnant bloc de l'Hôtel de Ville ferme le lieu. Le plus riche musée ethnographique de Corse a été créé dans l'ancien Palais des Gouverneurs.

Le Vieux Port est un endroit très coloré et animé. L'église de Jean-Baptiste, construite à la fin du XVIIe siècle, lui fait face. Cette église, la plus grande de l'île, respecte les codes baroques de l'époque à l'exception de ses trois vastes chapelles. Elle est richement ornée de marbres polychromes, de fresques, de dorures, de peintures et de nombreuses oeuvres d'art dont le tabernacle en argent de l’orfèvre Gaetano Macchi. De nombreux concerts y sont donnés.

En regardant en arrière depuis la jetée de la tour du phare du Dragon, nous avons la meilleure vue sur les embarcations de pêche, les petits bateaux, les yachts de luxe et l'église à deux tours qui s'élève magnifiquement derrière eux. Le Vieux Port de Bastia est le rêve des photographes. Derrière la forêt de mâts, nous pouvons prendre de beaux clichés des petites maisons pittoresques qui s'étendent sur la pente de la colline du château également. De nombreux peintres professionnels et amateurs y sont à l'œuvre.

Depuis les escaliers et les rues sinueuses et escarpées, encadrées par de vieilles maisons, nous pouvons atteindre la Citadelle. A l'intérieur se dresse la Tour de Guet. Près de cette tour se trouvent les directions de tous les musées de l'île. On peut voir la maison dans laquelle Victor Hugo a vécu, enfant, lorsque son père, officier de l'armée, a dû passer quelques mois dans la garnison de Bastia.

Une des manifestations bastiaises est la fête de la Saint Jean, le 23 juin. Pour l'occasion un immense feu est allumé sous les remparts, près du Vieux Port. Une autre manifestation rituelle est la procession du 3 mai pour rendre honneur au Christ noir des miracles, U Cristu Negru, un crucifix retrouvé en mer au XVe siècle, par deux pêcheurs selon la petite histoire, conservé dans l'église de Sainte Croix.